Projet d’Autonomisation socio-économique des femmes rurales victimes des violences sexuelles et celles basées sur le genre autour des sites miniers au Sud Kivu. 

  1. Préambule

MKAAJI MPYA asbl avec le soutien financier de The Circle, Global Feminism in Solidarity and Action met en œuvre le projet d’autonomisation socioéconomique des femmes et filles victimes des violences sexuelles et celles basées sur le genre autour des sites miniers au Sud-Kivu, en République Démocratique du Congo.

Ce projet est principalement axé sur l’autonomisation des femmes, la fin de la violence à l’égard des femmes et filles en milieu rural. Il est exécuté dans deux territoires dont Kabare et Kalehe au Sud-Kivu, une région avec antécédents des conflits macabres, avec un accent particulier sur la chefferie de Nindja, en territoire de Kabare.

Ce projet revêt d’une importance capitale, autant qu’il aidera à réduire toutes les formes de violences faites à la femme rurale notamment, les violences sexuelles et celles basées sur le genre. Une attention plus particulière est accordée aux femmes et filles rurales vivant autour des sites miniers dans les territoires de Kabare (groupements de la chefferie de Nidnja dont Ihembe, Luhago et Irhegabarhonyi) et Kalehe ayant connus entre les années 1990 à 2020 des violences sexuelles et des conflits communautaires extrêmes.

L’objectif principal du projet est de contribuer à l’autonomisation des filles et femmes rurales par le biais des activités génératrices de revenus et d’une formation de renforcement des capacités par le leadership, droits des femmes et lutte contre les violences sexuelles et basées sur le genre tout en renforçant leur participation dans les instances locales de prise de décision en milieu rural (en situations de conflit ou post conflits communautaires.)  Pour y arriver, le projet vise à mettre en place 5 Centres de leadership mobiles et de dialogue communautaire des Femmes Rurales (Rural Woman Leadership Centers, RWLC).

Spécifiquement, le projet vise à :

  1. Réduire les violences sexuelles et celles basées sur le genre à l’égard des femmes rurales dans et autour des sites miniers de Kabare et Kalehe ;
  2. Soutenir les femmes et les filles rurales victimes des violences sexuelles et celles basées sur le genre dans leur développement socio-économique et scientifique et réduire leur vulnérabilité aux différents conflits communautaires à Kabare et Kalehe ;
  3. Autonomiser les femmes et les filles rurales et leur fournir des Centres Mobiles de Leadership et de Dialogue Communautaire gérés par des femmes et filles rurales.

 

  1. Centres Mobiles de Leadership et de Dialogue Communautaire des Femmes Rurales (Rural Woman Leadership Center, RWLC)

Les Centres Mobiles de Leadership et de Dialogue Communautaire des Femmes Rurales sont des regroupements des 45 personnes dont 15 filles issues des écoles secondaires ciblées et 30 femmes issues de la communauté rurale âgées de 18 à 40 ans et qui ayant l’habitude de se réunir dans leurs villages respectifs pour échanger de la gouvernance locale, de l’autonomisation socioéconomique et de respects de leurs droits. La majorité de ces filles et femmes ont été soit victimes des violences sexuelles, soit celles basées sur le genre. Elles sont celles aussi ayant des capacités de lire et écrire. Cet échantillon est aussi représentatif des villages composant chaque groupement ciblé ainsi que des différentes communautés.

Pourquoi les Centres Mobiles de Leadership et de Dialogue Communautaire des Femmes Rurales ?

  • Centres Mobiles, parce qu’ils regroupent des femmes et filles rurales des différents villages et qui échangent à travers des visites communautaires de Leadership entre eux dans leurs différentes zones rurales,
  • De Leadership, parce qu’ils facilitent les échanges entre les filles et femmes des divers profiles, sur les questions de leadership, gouvernance, de la participation de la femme rurale, des droits des femmes et lutte contre toutes les formes des violences faites à la femme ;
  • Communautaire, parce qu’ils facilitent les échanges entre les filles et femmes rurales des différentes communautés et permettent à la femme rurale d’intervenir et de donner son avis dans la résolution pacifique des conflits, aux initiatives de développement et se fait aussi considérer aux côtés des hommes, des autorités locales mais bien plus un cadre d’épanouissement et d’émancipation.

Mode opératoire des RLWC

Les Centres Mobiles de Leadership et de Dialogue Communautaire des Femmes Rurales sont dirigés et animés par les femmes et filles rurales qui sont actuellement considérées comme des leaders parmi beaucoup d’autres femmes rurales. Elles sont regroupées et se déplacent trimestriellement pour former d’autres femmes rurales sur le leadership et la participation des femmes et filles rurales à la gouvernance, à la participation de la femme aux instances locales de prise de décision et bien plus. Ces centres sont des structures agissantes à la base et localement offrant un cadre d’épanouissement et d’émancipation des droits des femmes et filles dans les zones rurales ciblées.

Il s’agira également de valoriser les savoirs locaux des femmes rurales en matière de lutte contre les violences sexuelles et leur autonomisation socio-économique en matière de réduction des violences basées sur le genre dans les zones rurales.

Ces Centres de Leadership et de Dialogue Communautaire des Femmes Rurales facilitent ainsi les activités du projet à travers 3 volets d’intervention :

  • Une gamme des formations et d’autonomisation aux femmes rurales victimes des violences sexuelles basées sur le genre,
  • Des activités génératrices de revenus comme le soutien aux agricultrices (en mettant en place des agronomes mobiles qui leurs apportent un appui en renforcement des capacités sur les techniques agricoles, des fertilisants issues de la fabrication locale de MKAAJI MPYA appelé bio-pesticide (produit à base des plantes), la dotation de l’engrais, des semences et ce, tout au long des saisons de production.

En plus, des AVEC (Association Villageoise d’Épargne et Crédit), la formation sur leur gestion sont dotés à ces femmes et facilités à travers ces Centres et constituent la stratégie de durabilité du projet.

  • Les filles (élèves des écoles secondaires) et des femmes rurales victimes des différentes formes des violences sont aussi formées à la gouvernance, aux politiques nationales et internationales, aux droits des femmes et au processus de plaidoyer pour une génération des filles et femmes rurales éduquées à l’abri des abus sexuels et autres violences basées sur le genre.

Précisons que ce projet s’inscrit dans notre volet de défense des droits humains et des droits des femmes dans les zones rurales en République Démocratique du Congo.

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